Partager l'article ! Il y a un an, le cauchemar commençait.: Ça fait bien longtemps que je n'ai pas écris. Presque cinq mois ce sont écoulés. ...
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Ça fait bien longtemps que je n'ai pas écris. Presque cinq mois ce sont écoulés.
Aujourd'hui, je regardais mon calendrier, et la réalité vient de me frapper de plein fouet.
Il y a un an, le médecin de famille de mon père l'appelait vers 3h de l'après-midi pour lui recommander d'aller aux urgences de l'hôpital le plus proche. Moi et ma mère étions allées à un rendez-vous pour elle le matin même, inquiètes, car j'ai presque ramassé mon père sur le plancher. Je me rappelle que le rendez-vous de ma mère était bien en retard, et alors que j'attendais dans ma voiture, l'un des pires orages que j'ai vu de ma jeune vie avait lieu. Grêles, coup de tonnerre retentissants, éclairs par dizaine et dizaine. Cette température accentuait notre inquiètude.
Lorsque nous sommes revenues de ce rendez-vous matinal, quelques heures après, mon père était toujours couché sur le divan où nous l'avions laissé après qu'il ait failli tombé, avant qu'on parte. Et l'appel du médecin. J'ai réussi à convaincre mon père que je l'amènerais à l'hôpital moi-même, car il se sentait plus à l'aise ainsi. Arrivés à l'hôpital, ils le placent tout de suite dans une civière dans les urgences, où j'ai peine à devoir le quitter, j'ai réellement peur, je commence à croire à une maladie grave comme un cancer, mais je me dis qu'à l'hôpital, il pourra recevoir les soins appropriés.
Le lendemain, moi et ma mère attendions les heures de visite. Mon père est sur ses deux pieds, il a son manteau et il annonce qu'il l'ont laissé sortir de l'hôpital, il a son congé. Soulagée, je le ramène à la maison. Les jours s'écoulent, il ne semblent pas allés mieux.
11 mai 2010, dernier jour de ma session d'hiver 2010, vers 2h00 du matin, j'entends un gros bruit, comme si une personne ou un meuble tombait. Moi et ma mère nous réveillons en sursaut, mon père peine a se tenir debout, il se tient péniblement sur le comptoir de la salle de bain, alors nous installons des couvertures sur le plancher froid de la salle de bain, et ma mère me dit de retourner me coucher car j'ai un examen dans à peine 4 heures. Je ne me rendors pas, et elle veille sur lui pendant toutes ces heures. 5h45 le matin, je pars pour mon examen. Je pleure dans le train, je pleure parce que j'ai peur et parce que j'ai mal de voir un être cher qui souffre autant. Je fais mon examen de peine et de misère, et je repars chez moi en train. Comme je travaille presqu'en sortant du train, je mange un petit bout et je rentre au travail. Je faisais 2h30 a 9h30. Mon heure de lunch était à 4h30. Je reçois un appel de ma mère en panique qui me dit que je dois absolument revenir chez moi, alors je demande l'autorisation à ma chef-caissière de partir sur-le-champ. Je vais à 130km sur ma rue, sans réellement m'en rendre compte. J'arrive chez moi, j'y trouve ma soeur et ma mère, effondrée, en larmes, qui m'annoncent la nouvelle : Ton père n'a plus que trois ou quatre jours à vivre. Coup de marteau en plein visage, je m'effondre.
Mon père, ce 11 mai 2010, est parti en ambulance vers 9h30 le matin. Il a abandonné ses résistances, il a pris les derniers efforts qu'il avait pour mettre une paire de pantalons et un chandail, et il savait probablement qu'il ne reviendrait jamais ici. Sans tact, un chirurgien a dit à ma mère que c'était une question de quelques jours, comme si nous le savions. Cancer généralisé. Aucune chance, aucune opération possible, rien de rien.
Nous sommes, moi et ma mère, allées le voir le soir-même aux urgences. Je chéris les moments que nous avons passés avec lui pour les neuf jours où il a continué a se battre, comme il l'a toujours fait. Je chéris le fait d'avoir eu la chance d'avoir ce dernier regard lucide pour moi toute seule lorsqu'il a poussé son dernier souffle.
Les images sont encore douloureuses, en fait. Ces images, ce sont celles que je vois quotidiennement. Je pense que c'est inhumain d'avoir subi autant de souffrance, qu'il n'aurait jamais eu à subir. Il n'y a pas une journée sans que je pense à lui, et son absence me manque énormément. Cet homme m'a bâtie forte, avec de bonnes valeurs et une belle éducation. Cet homme aura pour toujours mon respect et mon admiration. Et si j'aurais pu prendre toute cette douleur pour moi, afin qu'il n'aie jamais à la vivre, Dieu sait que je l'aurais fais.
20 mai 2010, alors que je veillais sur lui, car je savais intérieurement que je ne devais pas quitter la chambre d'hôpital, il s'est éteint à seulement 54 ans. C'est beaucoup trop jeune. Je lui ai dis tout ce que j'avais sur le coeur, je lui ai dis ce que je pensais de tout ça, je lui ai parlé de tout, tout ce qui me venait en tête. J'espère que de là-haut, il est fier de moi. Moi je suis fière de lui, et je suis fière de dire que cet homme était mon père, et que grâce à lui, je suis la battante que je suis.
27 mai 2010, nous sommes au cimetière où, parmis toutes ces roses bleues, nous lui lançons nos derniers adieux. Le 27 mai 2011, en son nom, je ferai le relais pour la vie pour la Société Canadienne du Cancer. Je me fous un peu des dons, tout ce que je veux, c'est marcher pour lui.
Papa, je t'aime. Je t'aime tant. Et tu nous manques, à tous. Énormément.
Je t'envoie les plus gros bisous sur les joues.
Ta fille, Chantal.
Si tu as besoin de quelque chose, tu n'as qu'à me le dire. Pendant que ma mère fait des conneries, moi j'suis là pour toi :) Ne l'oublie pas.
Je t'aime